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[ 14 May 2003 ]
La présence de phtalates dans la poussière domestique ne pose pas de problèmes
La récente tentative de Greenpeace, de tromper les consommateurs, confirme tout simplement qu’il n’y a pas de risques pour la Santé Humaine
Une étude sur la présence de produits chimiques dans la poussière en milieu domestique a confirmé que la concentration de phtalates trouvée dans ces poussières ne présente aucun risque pour la santé humaine.
Contrairement aux allégations de Greenpeace, selon lesquelles les concentrations trouvées sur des prélèvements faits dans un échantillon de 100 maisons en Angleterre seraient préoccupantes, il s’avère en réalité que ces concentrations satisfont largement aux normes de sécurité officiellement reconnues, même dans les cas extrêmes.
« Greenpeace a mené une étude qui se contente d’identifier un certain nombre de produits chimiques existants dans la poussière de nos maisons » déclare Dr David Cadogan, Directeur de ECPI, l’association des producteurs chargée de mener les études scientifiques sur ces produits, basée à Bruxelles. « Ceci est trompeur car cette étude ne donne aucune indication sur les niveaux auxquels les produits chimiques peuvent présenter un risque pour la santé humaine, et il est facile de comprendre pourquoi, car si Greenpeace avait communiqué ces niveaux pour les phtalates (et je soupçonne qu’il en est de même des autres produits chimiques), ils auraient été forcés de reconnaître qu’ils sont si bas que le risque qu’ils pourraient présenter est infinitésimal, et en tous cas très inférieur à celui officiellement accepté par les normes européennes » (coefficient de sécurité supérieur à 100) a-t-il ajouté.
La simple présence d’un produit ne signifie pas automatiquement qu’il y ait risque
Nous vivons dans un monde lui-même constitué de produits chimiques, qu’ils soient naturels ou synthétiques. Les scientifiques savent que tous ces produits, naturels ou synthétiques, peuvent produire des effets toxiques s’ils sont utilisés de façon inappropriée. Ils savent aussi que nous sommes exposés à plusieurs de ces produits chimiques, naturels ou synthétiques, chaque jour de notre vie.
Il est indiscutable que les humains vivent plus longtemps, en meilleure santé et plus confortablement que dans le passé, et ceci, au moins en partie, grâce aux produits chimiques. Un monde sans produits chimiques est non seulement impossible mais probablement ni plus sain ni même plus agréable.
Les phtalates sont utilisés depuis près de 50 ans, comme plastifiants de plusieurs produits domestiques et médicaux, sans qu’aucun effet n’ait été signalé sur qui que ce soit.
Nous pouvons maintenant pratiquement garantir, et l’industrie poursuit ses recherches dans ce sens, que leur utilisation ne présente aucun risque ni pour la santé humaine, ni pour l’environnement.
« La clé pour le bon usage des produits chimiques, est de les gérer de façon à éviter les expositions qui peuvent présenter un risque » dit Dr Cadogan. « Ceci est obtenu en les testant pour déterminer les niveaux qui peuvent présenter des risques, et afin de vérifier que les niveaux auxquels nous sommes exposés sont très inférieurs, et présentent des coefficients de sécurité suffisants et reconnus. »
Plus d’informations sur les plastifiants aux phtalates, et leur usage en toute sécurité, sont disponibles au Centre d’Information sur les Phtalates (en anglais) (www.phthalates.com).
Réponses de ECPI à quelques questions au sujet du rapport de Greenpeace
Le Conseil Européen des Plastifiants et Intermédiaries (ECPI) est très préoccupé de ce que Greenpeace continue de faire des allégations infondées à propos des phtalates, trompant et effrayant indûment le public, en prétendant que leur simple présence dans la poussière domestique puisse présenter un danger à la santé humaine.
1. Y-t-il des phtalates dans la poussière ?
La réponse est oui, et la concentration est comprise entre 0.05% et 0.1% ;
2. Cela est-il nouveau ?
Non, Greenpeace a le talent de «découvrir» des évidences qu’il présente sous la forme de «Nouvelles». La présence de phtalates dans les poussières est connue depuis fort longtemps et cela a été rapporté dans plusieurs journaux scientifiques.
3. Est-ce une surprise que les phtalates soient présents dans la poussière ?
Non. En fait ce serait une surprise de ne pas en trouver, puisque les phtalates sont utilisés pour plastifier le PVC, et, comme le note si bien Greenpeace, de nombreux produits domestiques sont fabriqués à partir de PVC flexible, incluant les revêtements de sols et revêtements muraux. D’autre part Greenpeace note, et il a raison de le faire, que de très faibles quantités de PVC sont perdues par abrasion, durant l’utilisation normale. Ainsi donc, si les phtalates ne se retrouvaient pas quelque part, il y aurait de sérieuses questions à se poser sur les méthodes analytiques.
4. Comment les phtalates migrent dans la poussière ?
Les hypothèses émises par Greenpeace, sont que les phtalates pourraient soit se volatiliser, soit migrer vers l’air, puis être absorbés par la poussière, ou bien plus directement de fines particules de PVC peuvent être extraites par abrasion. Les deux hypothèses sont possibles, mais la seconde est plus probable.
Plus vraisemblablement, la poussière contient donc de fines particules de PVC, et les phtalates restent attachés à ces particules. Ceci répond d’ailleurs à un des points soulevés par Greenpeace qui s’étonne quand il dit « il est surprenant qu’ils (les produits chimiques) se retrouvent dans la poussière domestique avec une telle fréquence, car un des arguments des producteurs a été que la plupart des ces produits chimiques sont liés aux produits finis et ne représentent donc pas de réel danger d’exposition ». Puisque, comme le fait remarquer Greenpeace, ce sont vraisemblablement des particules de PVC qui se retrouvent dans les poussières, il est normal que l’on y retrouve des phtalates, sauf que ces phtalates sont justement liés à l’intérieur de la texture du PVC, et qu’ils ne sont donc pas disponibles en tant que tels.
La méthode analytique utilisée par Greenpeace, ne précise d’ailleurs pas dans quelle texture se retrouvent les phtalates analysés.
5. Quelle teneur en phtalates trouve-t-on dans la poussière ?
Les mesures indiquent que les phtalates constituent entre 0.05 et 0.1% de la masse de la poussière. Des résultats similaires ont été rapportés par des études scientifiques réalisées en Norvège par Oie et al. (1997), en Allemagne par Pfordt and Bruns-Weller (1999), et aux US par Rudel (2001). Ces données, en accord avec Greenpeace, semblent d’ailleurs indiquer qu’ils sont similaires entre l’Europe et les US.
6. Quelle est l’exposition aux phtalates ?
Il y a en fait deux aspects à cette question. Le premier est : quelle est l’exposition totale aux phtalates ?, et le deuxième est : est-ce que les enfants sont plus exposés que les adultes ?
Heureusement il y a maintenant des méthodes qui permettent d’estimer l’exposition aux phtalates dans la population, basées sur les mesures de métabolites dans l’urine. Les données sont disponibles dans des rapports récents du « Center for Disease Control », le centre de contrôle des maladies. (Blount et al. ;2000, 2001 et 2003). Les méthodes de calcul des expositions à partir de la mesure de ces métabolites ont été publiées (David, 2000 ; Kohn et al. 2000)
Prenant le di (2-ethylhexyl) phtalate comme exemple, l’exposition moyenne dans la population américaine est inférieure à 1µg/kg/jour, avec un maximum de 3 à 4µg/kg/j. La dose de référence établie par l’EPA américain, considérée comme très prudente, est de 20µg/kg/j. Cette dernière est encore, dans le pire des cas, 185 fois inférieure à la dose sans effets sur les rongeurs. Selon des études plus récentes ce coefficient serait même de 5650. C’est à dire que dans le pire des cas il faudrait que l’exposition soit au minimum 185 fois supérieure (en réalité plutôt 5650 fois) à celle que l’on a mesurée par les méthodes ci-dessus, pour atteindre la dose sans effets sur des rongeurs, sachant que cette dose sans effets est elle-même 10 fois inférieure à celle où on aurait constaté un effet. La marge de sécurité est donc au minimum de 1850, confirmant pourquoi il n’a jamais été constaté le moindre effets sur les humains depuis plus de 50 ans que ces produits sont largement utilisés !
Si l’on prend maintenant le cas des enfants, les calculs basés sur ces mêmes données donnent une exposition moyenne de 2.6µg/kg/j, légèrement supérieure à celle des adultes, mais encore très largement inférieure aux doses les plus pessimistes, et non réalistes.
Greenpeace choisit donc d’informer sur un ton alarmiste quand ils disent « les produits chimiques pouvant présenter des dangers à long terme à la santé humaine, sont présents à des doses significatives ». Le terme « significatives » est très vague, adossé à aucune étude scientifique. En revanche l’exemple ci-dessus tiré d’une étude scientifique montre bien que les doses d’expositions sont extrêmement faibles, et en tous cas très inférieures à celles que les autorités de régulation considèrent comme sans danger pour la santé humaine.
7. Quelle part représentent les phtalates dans la poussière domestique par rapport à l’exposition totale aux phtalates ?
Dans ses premières études sur les poussières, Oie (1997), estimait l’exposition au DEHP à 0.76µg/j, ou 0.01µg/kg , ce qui représente moins de 1% de l’exposition totale aux phtalates, laquelle, nous l’avons démontré plus haut est au moins 1850 fois inférieure à celle qui provoquerait des effets sur les rongeurs ! De même, nous avons montré que les enfants absorbaient plus de poussières que les adultes, mais ces mêmes études montrent que leur exposition était encore près de 1000 fois inférieure à la dose qui provoquerait des effets sur les rongeurs !
Ainsi donc, lorsque Greenpeace affirme que « le problème de l’exposition aux produits chimiques en milieu domestique est peu étudiée et analysée », ils disent des contrevérités, ou bien ils ne se sont pas informés, tout au moins pour ce qui concerne les phtalates.
8. Est-ce que cette exposition est importante dans le contexte de la santé humaine ?
Non. Comme nous l’avons démontré plus haut, l’exposition du public aux phtalates reste très en dessous des limites de sécurité. Le rapport de Greenpeace dit que « nous ne pouvons pas être certains que les produits chimiques en question, n’ont pas d’effets nocifs sur la santé humaine », mais les faits sont établis, aussi bien par les études toxicologiques, que par l’expérience de l’utilisation de 50 ans sans aucun incident, que les phtalates, n’ont aucun effet sur la santé humaine.
9. Existe-t-il des produits alternatifs «plus sûrs» aux phtalates ?
Greenpeace demande que les produis «dangereux» soient remplacés par des produits «plus sûrs». Réclamer le remplacement d’un produit par un autre sans qu’une évaluation aussi rigoureuse ne soit faite pour le produit de remplacement, est tout simplement irresponsable. Les phtalates sont parmi les produits les mieux analysés depuis de nombreuses années. Plus de 130 Million d’€ ont été dépensés en études diverses de toxicologie et d’écotoxicologie depuis plus de 30 ans, qui font que la connaissance de ces produits est de loin meilleure que celle de leurs éventuels produits de remplacement. En conséquence, il est plus sage et responsable de continuer à les utiliser, eux qui ont subi une évaluation très rigoureuse de risques, et qui ont prouvé leur parfaite innocuité.
10. Est-ce que les niveaux d’exposition sont en augmentation exponentielle dans le lait maternel et dans le sang ?
Non, les phtalates sont rapidement métabolisés et éliminés. Ils ne sont pas persistants, et ne s’accumulent pas dans les tissus humains.
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Pour plus d'informations, merci de contacter :
Tim Edgar Deputy Director Conseil Européen des Plastifiants et Intermédiaires (ECPI) Brussels, Belgium
Tel: 0032 2 676 7363 / 0032 475 37 66 93 Fax: 0032 2 676 7392 e-mail: ted@cefic.be
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